Interview de Jean-Michel Thiriet

mis en ligne le vendredi 26 mai 2006.
 
 

Alors que la constitution de la Ve république est promulguée en France et que de Gaulle est élu président de la République, que Sueurs froides (Vertigo) d’Alfred Hitchcock sort en salle, que Jean XXIII succède à Pie XII, que les Beatles sont en train de se former et que Khrouchtchev annonce un arrêt unilatéral des essais nucléaires, Jean-Michel Thiriet voit le jour en Allemagne. Ca se passe en 1958.

© Thiriet/L’Association

Et voilà maintenant plus de 20 ans que Jean-Michel Thiriet traîne son univers à la cohérence très personnelle dans le monde de la bande dessinée et ailleurs.

Il a entre autres collaboré avec Dupuy et Berbérian, Manu Larcenet et Baron Brumaire.

Jean-Michel Thiriet a également travaillé avec Les Nuls et Jules-Edouard Moustic sur Canal+ dans les années 90. Toujours attiré par le multimédia, il réalise aujourd’hui des courts métrages et fait de la musique en plus de son activité bédéiste.

Un entretien avec un auteur touche-à-tout donc, réalisé dans le cadre du festival Nouvelles Images, Nouveaux Talents de Bourg-les-Valence en mars 2006. Nous diffusons cette interview, réalisée par Lucas Méthé, en collaboration avec les éditions TerreNoire. N’hésitez pas à aller faire un tour sur leur forum également, Il y traîne des gens très intéressants. Vous y trouverez Lucas Méthé et, qui sait, peut-être davantage...


Je suis arrivé à Paris en 83, en 86 je suis rentré à Fluide Glacial, après avoir un peu publié dans le Psikopat Illustré de Carali. J’ai travaillé 8 ans chez Fluide, puis j’ai arrêté quelques années pour me consacrer au magazine Spirou en particulier, édité par les éditions Dupuis. J’ai recommencé à Fluide Glacial l’année dernière tout en continuant de collaborer à Spirou.

- Tu as donc beaucoup publié dans des revues, ainsi que pour pas mal de fanzines. Tu avais collaboré avec ce que publiait Menu avant l’Association ?

Oui, j’ai suivi l’Association du début, lorsque ça ne s’appelait pas encore comme ça. A partir de 84, j’ai croisé Menu au Psikopat justement, où il venait essayer de placer ses planches comme moi. Lui, il faisait ses fanzines de son côté même si il ne voulait plus appeler ça des fanzines déjà, et j’ai participé assez tôt. On a fait la première version des pattes de mouche à l’époque à la main à 50 exemplaires.
J’ai fait à un moment un truc photocopié, mais comme je fréquentais Menu j’ai bien vu ce que c’était qu’un fanzine propre et j’ai préféré collaborer au sien. Surtout qu’à l’époque c’était la maquette avec du scotch, de la colle et tout ça, et j’étais pas très maître de la technique.

© Thiriet/L’Association

- Justement tu es un des rares auteurs à avoir travaillé comme ça chez de petits éditeurs. Quand tu as fait ton livre « Verte Campagne » à l’Association, c’était encore très petit, et puis tu as bossé avec Cornélius au début, et d’autres plus petits éditeurs encore... Tu fais une différence entre ce que tu fais chez eux et ce que tu fais chez Fluide Glacial ou Spirou ?

Oui bien sûr, à Fluide Glacial selon les lois de l’époque, il fallait quand-même un certain nombre de gags par page, il fallait que ce soit efficace et comique, et évidemment, avec les éditeurs indépendants, on peut se permettre de faire des trucs plus introspectifs, ou moins « gagesques », plus personnels.
A Spirou, c’est surtout que j’ai fait beaucoup de scénarios de toute longueur, du cartoon aux récits de 6 pages en passant par les demis pages, je servais un peu de machine à scénarios à redistribuer ensuite aux jeunes dessinateurs qui commençaient dans le journal, je ne contrôlais pas le choix des dessinateurs ; après je retrouvais les histoires dessinées par des gens, comme c’était des amateurs ils mettaient un certain temps à finir leur boulot, l’avantage c’est qu’une fois que l’histoire paraissait je l’avais complètement oublié et je redécouvrais ça avec un œil neuf, c’est pratique ! Je pouvais être assez objectif et voir si c’était drôle ou pas.

- Pourtant même à Spirou, même si c’était des « gags », on percevait quand-même une grande étrangeté, c’était bien plus bizarre que la moyenne de ce qui composait le journal, c’était très dense également.

C’est sûr que pour le lecteur moyen moi je faisais partie des gens qui ne savaient pas dessiner par exemple, il y avait des courriers de lecteurs... un peu choqués, mais j’étais pas le pire je pense, le lecteur moyen avait du mal à comprendre Lefred-Thouron et autres, je crois que les lecteurs de Spirou aiment quand-même le dessin rond et les histoires faciles à comprendre. Les couleurs c’est pareil, je travaille avec un coloriste, les couleurs sont un peu vives, mais un ciel pas bleu les lecteurs ne comprennent pas trop, ça vaut aussi pour les auteurs, tout ce qui est un peu trop moderne, dès qu’un ciel n’est pas bleu ça passait plutôt mal. De toute façon, j’étais dans chaque numéro et je dessinais un peu, mais on m’a vite demandé d’être plutôt scénariste que dessinateur au vu de la teneur de mon dessin qui ne ressemblait pas trop aux goûts du lectorat de Spirou.


© Thiriet/Larcenet/Dupuis

- C’est la rédaction qui tenait malgré tout suffisamment à ton travail pour continuer à te faire travailler même si ça pouvait déplaire à des lecteurs ?

C’est surtout l’animation du journal, tout ce qui ne finira pas en livre, j’avais un public de lecteurs du journal, j’ai pas réussi à finaliser quoi que ce soit en album, sauf avec Larcenet on a fait trois livres « La vie est courte », des recueils de dessins d’humour... Quelques pages sont parues dans le journal, mais le dessin d’humour c’est difficile à placer... Le dessin d’humour, les courts métrages, les nouvelles en littérature, ce sont des choses qui n’ont jamais vraiment marché, surtout en France peut-être. Dupuis avait essayé de passer des livres de Gary Larson dans leur collection d’humour, ils n’en ont pas vendu plus de 3 ou 4000 exemplaires, moi avec mon dessin d’humour je ne pouvais pas faire plus, ce qui n’est pas tellement intéressant pour un éditeur de la taille de Dupuis.

- Ils t’ont refusé des projets ?

J’ai proposé quelques projets de bandes dessinées mais pas mal se sont écrasés au bout de 20 pages. Après 20 pages j’ai du mal, je ne sais plus quoi raconter, ou bien le mélange avec le dessinateur qu’on s’était choisi ne marchait pas trop... Dans Spirou, ils lancent beaucoup de projets pour voir ce que ça donne, mais l’album, ils attendent longtemps en principe, même si c’est en train de changer. On pouvait espérer éditer un premier album quand on avait déjà fait suffisamment de pages pour en faire au moins deux.
Les trucs courts, les gags, on en trouve 10, on en jette 8, il en reste toujours de bons, alors qu’une histoire longue qui n’est pas bonne on s’est tapé tout le boulot pour rien. Mais idéalement j’aimerais bien trouver un sujet pour me plonger dedans pendant 40 pages, créer un univers cohérent ; à Dupuis ce que je faisais était un gros gag, Thierry Tinlot, le rédacteur en chef de Spirou, me disait « il faudrait un univers un peu plus cohérent que des chats qui se mettent à parler à la page 20 alors qu’avant ils n’ont jamais parlé »... Cohérence et homogénéité, c’est deux trucs auxquels ils tiennent, moi ça ne me dérange pas que ça ne soit pas cohérent du tout mais bon...

- Dans Spirou tu as entamé de nombreuses séries courtes.

Oui "Nono le naufragé", « le teckel le plus long du monde », il y avait des personnages récurrents, j’ai fait ça pendant quelques années et puis on m’a dit « bon ça va maintenant... » « C’est rigolo mais c’est pas avec ça que tu feras un album !... »

© Thiriet/Brumaire/Fluide Glacial

A Fluide par contre, j’ai réussi à faire deux albums sur le même sujet, « Trois Tiers de Trio » sur un trio de musiciens, évidemment il aurait fallu un troisième album pour faire le troisième tiers mais on m’a demandé « d’arrêter ma dérive poétique... », ça manquait d’humour, donc j’ai été obligé de faire autre chose. Il y a eu 5 livres chez Fluide, dont un avec baron Brumaire, qui a été mon premier essai de collaboration à long terme avec un dessinateur, à distance. Quand j’ai collaboré avec d’autres gens, je m’empressais de leur inventer des histoires avec des trucs pénibles à dessiner... C’est vrai qu’il y a des choses que je sais pas trop dessiner, qui ne me paraissent pas bien si je les fais moi-même, je préfère que d’autres s’en chargent. Ou bien pour une ambiance spéciale ; c’est important, au bout d’un moment c’est ce qu’amène le dessinateur qui aide à continuer le scénario, ça aide à créer l’univers.

- C’était nettement le cas avec baron Brumaire, il me semble.

Oui, même s’il y avait quand même une certaine carence dans l’expression, lui il était formidable pour dessiner les corps, les décors, etc, mais du point de vue facial c’était pas vraiment assez expressif pour ce que je voulais faire, peut-être que c’est pour ça que ça n’a pas trop continué.
Il y a d’autres projets de collaboration, dont un vieux projet « Ben & Lux » qui va paraître dessiné par David Thuin, une histoire de détectives.


- Tu vis de la bande dessinée ?

Oui depuis 86, depuis Fluide Glacial.
Naturellement on est beaucoup moins payé chez les petits, mais ce qu’il y a de bien à l’Asso, c’est que le livre final est d’une autre finition. A la première époque de Fluide, le patron tirait sur la corde pour faire des économies, du coup les albums étaient même moins bien imprimés que lorsque les pages avaient paru dans le journal, c’était un peu décevant... quand ils ont refusé de me faire un album à Fluide, je suis allé le faire à l’Asso et j’étais très content du résultat même si le tirage est minimal. C’est un peu l’idéal, passer les histoires dans un journal à grand tirage et que l’album soit fait à l’Asso, c’est ce que je préfère ! C’est ce qui est le plus gratifiant, artistiquement parlant. Vu les tirages, il y a peu de retours par rapport à mes livres à l’Asso, mais le fait que le livre soit fait à l’Asso, moi j’en suis très content.

© Thiriet/Fluide Glacial

Le grand avantage de l’Association c’est qu’aussi ils ne détruisent pas les bouquins quand ils ne se vendent pas, alors que pour mes autres livres ça a été le cas : Dupuis, ils ont fait ça récemment, et Fluide quand ils ont changé de direction c’est passé à des gens plus organisés, alors une des premières mesures économiques qu’ils ont prises, ça a été de pilonner mon premier album, et les suivants d’en garder 50 exemplaires de chaque. Là, on sent qu’il faut se lancer dans un autre projet parce que si on reste sur le semi-échec d’un album pilonné c’est un peu paralysant... C’est embêtant parce que « Trois Tiers de Trio » je trouve que c’est ce que j’ai fait de mieux, savoir qu’ils ne sont plus disponibles c’est un peu démoralisant. Ca arrive à beaucoup d’auteurs mais au moins chez les petits éditeurs ce n’est pas le cas.

- Mis à part le fait de connaître certaines des personnes qui le façonnent depuis longtemps, tu te sens à l’aise dans ce milieu de la bd « indépendante », plus ou moins expérimentale ?

Ben je me sens un peu le cul entre deux chaises parce que graphiquement je suis arrivé avant cette vague de nouveaux dessinateurs des années 90, je ne suis pas académiste comme les gens de la génération précédente, j’ai pas de formation, je ne suis pas un dessinateur classique, mais je suis pas vraiment un dessinateur moderne non plus. C’est agréable d’être un peu de toutes les tendances mais du coup je ne suis pas vraiment dans l’une ou dans l’autre.
En bd, mon préféré ça reste toujours Goossens, ça a été le grand flash des années 80. Après l’époque de Gotlib qui m’avait donné envie de faire de la bd, on a vu une évolution dans l’humour, Gossens a fait beaucoup de progrès, il a fait avancer son propos, c’est plus sophistiqué maintenant, ce qui lui a fait perdre pas mal de lecteurs d’ailleurs. Plus ça devient intellectuel, plus les gens décrochent, ils pensent « il y a trop de textes... ». On attend toujours de la bd d’humour que ce soit facile et rapide à lire. Dans les années 80, les trois-quarts des dessinateurs voulaient faire de l’humour et être dans Fluide, après il y a eu des écoles de bande dessinées qui sont apparues, ils se sont intéressés à des bandes dessinées plus abstraites, plus intellectuelles, et moins d’humour, faut dire qu’il n’y a toujours pas beaucoup de journaux d’humour, et Fluide est considéré comme potache malgré les gens comme Goossens. J’aurais bien voulu qu’il y ait des nouvelles générations de dessinateurs qui donnent dans l’humour, c’est dommage, ça a perdu de son intérêt pour les gens, mais il y en a quand-même quelques uns, comme Ferraille qui a un peu repris le flambeau.

Concernant l’Association, je n’ai pas vraiment participé autrement qu’en tant qu’auteur de temps en temps ; quand il a fondé l’association Menu voulait demander des subventions et moi ça m’emmerdait un peu qu’en tant qu’éditeur privé ça soit payé par l’état, je ne sais pas si c’est pour ça...
De toute façon, très vite j’ai été accaparé par mes 4 pages pour Fluide glacial.

- On peut avoir l’impression que tu dessines très vite...

La vitesse avec laquelle les gens travaillent c’est vraiment imprévisible. En lisant Gotlib et Maëster, qui ont un trait tellement lisse et propre, je pensais qu’ils dessinaient très très vite, et puis après je me suis aperçu que c’était le contraire, que le trait de Gotlib nécessite un travail très lent et minutieux, bon maintenant je m’en rend compte... Mais je connais aussi des dessinateurs qui ont un trait très jeté, le dessinateur de Tom Carbone par exemple ; mais c’est un des plus lents, ou bien il dessine vite mais il refait beaucoup. Moi je vais plus vite et je refais rarement, c’est pour ça...
J’ai toujours eu beaucoup de mal à les trouver ces histoires. En huit ans il m’est arrivé une seule fois d’avoir une histoire d’avance, et pourtant je me disais tous les mois « ce serait bien d’avoir deux histoires d’avance et puis, après, de prendre un mois de vacances et passer un mois tranquille pour trouver d’autres histoires ». Mais quand l’année dernière je me suis retrouvé à nouveau à devoir faire des histoires de quatre pages, après avoir pondu des centaines d’histoires courtes pour Spirou, j’ai retrouvé ce stress affreux de devoir trouver une histoire et la dessiner avant tel délai, c’est toujours aussi difficile.
De temps en temps je me dis ça y est, je n’ai plus d’idées, j’ai tout raconté, en plus on a toujours un procédé créatif qui reste assez équivalent, donc il m’arrive de retrouver une idée, « Ah oui super, je vais faire une histoire avec un permis de marcher », et puis « permis de marcher, mais non, j’ai déjà fait ça en 1986... ». On a toujours la même mécanique mentale, il faut se nourrir d’autres choses sinon on tourne un peu en rond. C’est aussi pour ça que j’avais arrêté en 94.


- Tu procèderais comment ?

Je manque un peu de temps pour le plaisir d’emmagasiner des connaissances, j’ai perdu un peu le fil, donc j’ai parfois un peu de mal à sortir de mon univers que j’exploite depuis maintenant longtemps. A part le quotidien et les gens que je rencontre, comme je ne lis pas beaucoup, c’est la télé, le cinéma et la bande dessinée aussi, mais bon la bande dessinée il faut y aller doucement si on ne souhaite pas faire quelque chose qui existe déjà... A l’époque il y avait quelqu’un qui me disait (c’était un designer industriel) : « il faut aller voir partout, être curieux de tous les pays, de toutes les techniques, toutes les tendances, voir ce que font les tchèques... ». 10 ans après, je l’ai revu, je lui ai dit « ouais je me souviens de ce que tu m’avais dit, d’aller voir partout, tout ça », il m’a dit « Oh ouais mais si on fait ça on perd son style », « bon alors merde, ça fait 10 ans que je suis ton conseil, et maintenant... ». Mais c’est bien, il ne faut pas s’arrêter à l’enseignement qu’on donne, il faut trouver un moyen de le contourner si on n’est pas d’accord. Moi j’ai pas suivi de cours ni d’écoles, j’écoutais les conseils... le danger de l’autodidactisme...
Gotlib, j’avais écouté une interview où il disait qu’il utilisait une plume sergent-major, des grosses plumes dont on se servait pour écrire, du coup j’ai fait pareil pendant des années, quand je l’ai rencontré je lui ai dit « Ouais je t’ai entendu dire que... », et bien sûr « Mais j’utilise pas cette plume-là du tout... », bon alors je suis allé acheter des plumes « atome » dans un bureau de tabac et voilà.

Je fais de la musique en amateur, Sumo(sic), et j’ai fait un an de télé, après laquelle j’étais bien content de retourner à la bande dessinée. Les sketchs pour la télé sont tournés par des réalisateurs, éventuellement réécrits, si bien qu’à la fin on a du mal à retrouver ce qu’on avait écrit. J’étais bien content de redevenir seul maître à bord de mes planches. J’avais pas tellement l’esprit de la télévision de toute façon, c’est difficile à expliquer. J’avais fait un gag sur une centrale électrique avec des moines qui se mettent des électrodes sur la tête, quinze moines, qui se concentrent en méditation et arrivent à allumer une petite ampoule de 15 watts qui clignote, en dessin c’est drôle ou pas, mais en sketch soit on fait un décor pourri et ça ne marche pas, ou alors on va dans une vraie centrale électrique, mais vu en vrai ça n’ira pas non plus, ça ne fait pas vrai, là aussi il faut jouer avec l’imagination mais ça ne marche pas si bien que la complicité d’un lecteur de dessin qui voit bien qu’on a dessiné une centrale et qui comprend l’idée plutôt que de se demander ce qui est « toc »...
J’aime le dessin de presse, on peut innover, faire des dessins qui ne correspondent pas à son style, par contre je ne fais pas du dessin d’actualité, j’arrive pas à en faire de l’humour, si ça m’intéresse ça me révolte ou ça me choque, mais quand je trouve une idée c’est un peu nul, j’ai essayé de faire des trucs pour Amnesty International mais faire un dessin intéressant autour de la torture j’ai pas trouvé, ça finit toujours en symbole de merde avec une colombe et des barreaux cassés...
A Spirou et à Fluide il y a des sites Internet pour lesquels je fais des animations en flash, c’est l’idéal vu ce que j’aime, avec image, musique et son. Quand c’est réussi ça fait plaisir de voir le résultat. Il y a des petits films en « prises réelles » et de petits dessins animés en flash. Mais évidement en flash il y a aussi toute une génération de jeunes gens qui arrivent, qui se servent de l’informatique depuis longtemps, qui utilisent l’outil mieux que moi.

- Pour l’avenir tu prévois quoi ?

Rien de précis, on va voir ce que ça donne à Fluide puisque ça prend un virage, Thierry Tinlot est arrivé en place de rédacteur en chef après avoir occupé celle de Spirou, une idée à moi, d’ailleurs... Il a un an pour faire ses preuves, mais pour le moment c’est un peu serré, il a fait venir de nouveaux dessinateurs, des gens qui ont un nouveau style d’humour, et moi qui dessine en noir et blanc, il faut un peu que je me recycle.
Dupuis est en train aussi de prendre un gros virage, la semaine dernière ils faisaient la grève sur le parking à Marcinelles, des choses risquent de changer... J’espère avoir encore ma place là-bas.

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Interview réalisée par Lucas Méthé lors du festival "Nouvelles Images, Nouveaux Talents" 2006.